chemin de croix
CHAQUE
PREMIER DIMANCHE du mois, les orphelins d’Huberdeau ont mis en place une sorte de rituel basé
sur l’iconographie chrétienne.
Muni d’une croix, chacun défile
dans l'espace public en entamant le récit
de ses souffrances. Un message de détresse
transmis en guise de constat des épreuves
infligées par les autorités religieuses
en toute impunité.
Ce que ces orphelins dénoncent est souvent
dénié. Leur tragique expérience
n’est pas universelle, mais bien propre
à une minorité qui n’arrive
pas à se faire reconnaître. En
les photographiant, le but est de rendre regardable
ce qui ne l’est pas. D’imposer plus
fortement la présence de ces individus
au regard du spectateur, de sorte que celui-ci
se sente engagé par leur cause.
Isolés du groupe, les modèles
posent dans des attitudes qui les glorifient.
Leurs regards évoquent tantôt la
béatitude, tantôt le sacrifice.
Ces photographies les sortent de la marginalité
qu’ils subissent au quotidien et les élèvent
au rang des élus. Elles font apparaître
la beauté sur ces visages marqués
par la vie.
Avec sa longue chevelure blanche
et son discours charismatique, Louis-Joseph se bat pour la cause des orphelins d'Huberdeau
depuis plusieurs années. Il est d'ailleurs
l'instigateur des manifestations devant l'Église
Notre-Dame à Montréal. |